Vague de Jazz, l’écume des jours, coda

par Frederic Goaty

Vague de Jazz 2017, Post-K et Omar Sosa au Jardin du Tribunal. Swing vintage et futuriste et groove afro-cubain entre les gouttes.

2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 : qu’avaient donc en commun les quatorze premières éditions de Vague de Jazz ? D’être portées par son créateur Jacques-Henri Béchieau, l’enfant du pays, l’infatigable amoureux des jazz indomptables, des jazz en devenir, des jazz qui se (et qui nous) questionnent ; l’homme qui aura contre vents et marées fait vivre en plein cœur du Pays Vendéen une famille, sa famille, cette scène hexagonale qui se cherche tout le temps et qui se trouve toujours, incarnée par les Médéric Collignon, Joëlle Léandre, Thomas de Pourquery, Jeanne Added, Vincent Peirani, Marc Ducret, Vincent Courtois, Théo Ceccaldi, Valentin Ceccaldi, Élise Caron, Louis Sclavis, Edward Perraud, Bruno Chevillon, Émile Parisien, Michel Portal, Benoît Delbecq, Eve Risser, Quentin Biardeau, Elise Dabrowski, etc., etc. (la liste est bien trop longue).
De 2003 à 2016, Jacques-Henri Béchieau, Florence Savy-Herault et leur joyeuse équipe de bénévoles ont animé les jours et les nuits des Sables-d’Olonne, de Longeville-Sur-Mer et des environs, donnant aux jazz cités plus haut une place qui ne leur revenaient pas de soi. Ce fut une belle aventure, une belle histoire de résistance, une belle histoire tout court, à hauteur d’homme, avec supplément d’âme.
Alors, Vague de Jazz, c’est fini ?! Bien sûr que non. Relisez bien notre énumération, qui s’arrêtait au millésime 2016.
Quatre jours durant, ce fut donc Vague de Jazz 2017, quinzième édition. Différente, bien différente des précédentes puisqu’elle s’est tenue quasi exclusivement au Jardin du Tribunal et que tous les concerts étaient gratuits. (Auparavant, Vague de Jazz prenait ses aises alentour, dans plusieurs villes et dans plusieurs lieux.) Pourquoi ? Parce que Jacques-Henri Béchieau a passé le relai à la mairie des Sables – qu’on remercie au passage pour son accueil –, désormais organisatrice officielle du festival, l’enfant du pays se concentrant principalement sur la programmation qui, cette année, portait encore sa “patte”, reconnaissable entre mille.
Sera-t-il toujours aussi présent en 2018 ? L’esprit de Vague de Jazz perdurera-t-il ? On pourrait être inquiet, mais on ne l’est pas. Car on sait l’étonnante capacité de l’Agitateur des Lieux à vouloir donner sa chance au jazz créatif et à ses plus turbulents et pétillants représentants. Ainsi le vit-on déjà égrener avec gourmandise, au gré d’une conversation, les noms des artistes qu’il aimerait convier l’an prochain. The show must go on…


Matthieu Naulleau, Jacques-Henri Béchieau et Florence Savy-Hérault. Photos : © Freddy J
 
En attendant, Vague de Jazz 2017 se termina sous un ciel capricieux qui força les quatre rétro-modernistes de Post-K(atrina) à rendre hommage aux grandes figures du jazz néo-orléanais sous la bruine – pas facile. (Les valeureux de Post-K passaient en première partie d’Omar Sosa, qui déroula ses subtils entrechats pianistiques et ses cha cha cha en pilotage automatique.) Quelques heures plus tard, à l’un de ces afters dont “V2J” a le secret (organisé dans un club privé de La Chaume, le Marianne’s), Matthieu Naulleau (piano), les frères Dousteyssier (Benjamin au sax alto, Jean à la clarinettes) et Elie Duris (cuillères) s’amusèrent à revisiter quelques tubes (nettement) plus récents, et Post-K devint Post-P (pour Post-Pop). Enfin au sec, il se mirent à swinguer comme des morts de faim. Non, nous ne citerons pas le nom du musicien qui, plus tard dans la nuit sablaise, dansa avec la maîtresse des lieux sur Mexico de Luis Mariano… 

Rendez-vous en 2018 !